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Les impasses du processus d'évaluation du travail en consultations clinique _ 16.06.2017

Comment le modèle de la mécanique quantique peut nous aider à appréhender les impasses du processus d’évaluation du travail en consultation clinique.




Depuis quelques années, notre association nous encourage à définir notre pratique clinique. Notre chef de pôle et la responsable de l’évaluation interne construisent avec nous une grille d’évaluation. Nous nous réunissont afin de nous entendre sur des critères objectifs, quantitatifs, comme la répartition de notre temps de travail en heures ou en activités. Pour travailler la question qualitative, nous mettons également en place des réunions. Elles ont pour thème la place du soin en AEMO, avec une l’idée sous-tendue par notre chef de pôle, selon laquelle : si nous rencontrons une personne plus de quatre séances, nous faisons un suivi thérapeutique. Or le thérapeutique relève du soin et nous n’avons pas l’agrément pour nous permettre cette pratique.


Je vais tenter de m’appuyer sur la logique de l’expérience du chat de Schrödinger (1935) afin de mettre en lumière l’impasse de cette logique de pensée. Je démontrerais que nous ne pouvons pas établir une dichotomie entre soin et non-soin dans la pratique du clinicien.

Cette expérience de pensée concerne une boite qui contient un chat. Dispositif que je rapproche ici du psychologue dans son bureau. Ces personnes souhaitent « sa-voir » ce qui se joue dans la « boîte » de la consultation. Ce besoin de maîtrise est justifié par la question du financement.


Comment traduire le travail en séance. La clinique n’est pas objectivable de la même façon que le travail de production. Je propose de considérer la fonction du clinicien comme la fonction de l’onde, c’est-à-dire comme une combinaison du linéaire (la matière, le quantifiable : nombre de rendez-vous par exemple) au particulier (sa clinique).

Cette fonction donne lieu à des états superposés : le psychologue fait du « soin » et du « non soin ». Cependant, lorsque l’on souhaite mesurer l’objet « soin », à l’image d’un objet quantique, il serait trouvé dans un état déterminé (soin ou non-soin).

Lorsque le psychiatre soutient que nous faisons du soin lorsque nous recevons une personne plus de quatre fois, il énonce un paradigme selon lequel, le nombre équivaudrait à signer la nature du travail. Avec, en soubassement, la représentation sociale du cadre judiciaire selon laquelle, ce type de prise en charge serait incompatible avec le cadre judiciaire. Autrement dit, il nous suggère que nous ne pouvons pas recevoir une personne plus de quatre séances. Les psychologues dérogeant à cette règle implicite se placeraient dans une certaine illégalité de pratique.


Or, il en va de la clinique comme de la logique quantique, c’est la mesure qui perturbe le système. Cet effet est appelé l’effet Compton. C’est l’intrusion de la mesure qui fait bifurquer le système d’un état quantique superposé (soin/non soin) vers un état mesuré. Etat quantique où la probabilité de non-soin dans un intervalle de temps donné est parfaitement déterminée.

Cet état ne préexiste pas à la mesure, le psychologue fait du soin ou non, qu’il soit observé ou non. Mais au moment où il est observé, il faisait du soin ou n’en faisait pas. C’est la mesure qui semble faire advenir cet état figé.

Cette notion selon laquelle la mesure induit une bifurcation n’est pas reconnue par notre institution. Nos tentatives de faire prendre conscience de ce biais rencontrent des résistances. Nous somme soupçonnées de vouloir nous dérober… Ils ne semblent pas appréhender comment l’observation, qui est objective, peut ne pas pouvoir rendre compte de quelque chose. Tout semble se passer comme si l’intimité pouvait se mesurer, comme si les états superposés pouvaient ne pas s’effondrer. Comment leur faire comprendre que le soin ne peut pas se mesurer « réellement » (Peut-être en s’appuyant sur les travaux d’Hugh Everett).


J’espère par ces quelques lignes, avoir pu faire apparaître le caractère paradoxal de la position de la mesure objective du travail du psychologue. Rappelons pour information, que Schrödinger avait appelé cette expérience : « paradoxe de Schrödinger ».


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